✒ Spécialité HLP · Humanités, littérature et philosophie Première Générale · Chapitre 6

L'homme et l'animal

Montaigne et l'humilité de l'homme face à l'animal, la thèse cartésienne de l'animal-machine et sa contestation (La Fontaine), la pitié selon Rousseau, la perfectibilité, Buffon et Darwin, la sensibilité animale et ses enjeux éthiques et juridiques aujourd'hui.

1. L'homme, un animal comme les autres ?

160017001800190020001580Montaigne : la chatte1637Descartes : animal-machine1679La Fontaine : Discours à Mme de La Sablière1755Rousseau : la pitié1859Darwin : L'Origine des espèces2015animal « être sensible » (Code civil)
Quelques étapes de la réflexion sur la frontière entre l'homme et l'animal.

Texte · Montaigne, « Apologie de Raymond Sebond », Essais, II, 12 (1580)

« Quand je me joue à ma chatte, qui sait si elle passe son temps de moi plus que je ne fais d'elle ? » Montaigne rabaisse la présomption humaine : les animaux communiquent, raisonnent à leur manière ; l'homme n'a pas de raison de se croire supérieur à toutes les créatures.

2. L'animal-machine

Propriété · Descartes

Dans le Discours de la méthode (1637, Ve partie), Descartes soutient que les animaux sont des machines très perfectionnées, sans pensée : ils n'usent pas du langage pour exprimer des pensées et agissent par la seule disposition de leurs organes. Seul l'homme possède une âme pensante (« je pense, donc je suis »).

Propriété · La Fontaine contre Descartes

Dans le « Discours à Madame de La Sablière » (Fables, livre IX, 1679), La Fontaine conteste la thèse cartésienne en racontant des ruses animales (le cerf qui brouille sa piste, la perdrix qui feint d'être blessée pour protéger ses petits) qui semblent supposer une forme d'intelligence.

3. Ce qui distingue l'homme

Propriété · Rousseau : pitié et perfectibilité

Dans le Discours sur l'origine de l'inégalité (1755), Rousseau voit dans la pitié une répugnance naturelle à voir souffrir tout être sensible : l'animal, être sensible, doit être épargné. Ce qui distingue l'homme est la perfectibilité, la faculté de se transformer, pour le meilleur comme pour le pire, là où l'animal reste guidé par l'instinct.

Propriété · De Buffon à Darwin

Buffon décrit les espèces dans son Histoire naturelle (à partir de 1749). Darwin (L'Origine des espèces, 1859) montre que l'homme est issu, comme les autres espèces, de l'évolution par sélection naturelle : la frontière entre l'homme et l'animal devient une question de degré.

4. Aujourd'hui

Propriété · Droit et éthique

Depuis 2015, le Code civil (article 515-14) reconnaît les animaux comme « des êtres vivants doués de sensibilité ». Débats contemporains : élevage industriel, expérimentation animale, protection des espèces.

Activité · Débat argumenté

Matérieltextes de Descartes, Montaigne, La Fontaine et Rousseau.
ConsigneDeux groupes défendent, textes à l'appui, la thèse « l'animal est une machine » et la thèse « l'animal est un être sensible et intelligent ».
RésultatChaque groupe cite et explique au moins deux passages, puis réfute un argument adverse.
BilanLa question de l'animal oblige à définir ce qui fait le propre de l'homme : langage, raison, morale, perfectibilité.

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